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vendredi 13 décembre 2024

L'encre y est (2024)

(nouveauté) Les écrits restent ... même si on les écrit directement dans le Cloud

S'il y a une couleur un peu terne
A appliquer sur nos temps modernes
C'est l'abandon de bonnes vieilles traditions
Comme celle de chercher un papier et un crayon
Et pouvoir faire couler de l'encre à vau l'eau
Sans même avoir besoin d'un stylo.

Le poète d'aujourd'hui n'ira pas se mettre en quatre
Pour chercher un confessional au format A4
Pour peu qu'il aie un clavier devant lui
Il couchera sur le virtuel sa joie ou son ennui
Peut-être même qu'il prendra des notes sur son iPhone
Pour lui chanter les rimes qui lui sonnent.

Ecriture technologique où les sangs d'encre,
Où les pensées futiles comme celles qui s'ancrent
N'ont même plus besoin d'un support...
Ecrire sans écrire, quel drôle de sport !
Triste destin que celui de la plume
Seuls quelques octets suffisent à capturer son écume.

Informaticien et poète, j'ai depuis longtemps transgressé
Le mythe de l'écrivain ivre de velin à caresser,
Troqué le roller pour les touches d'un clavier affuté,
Troqué la feuille de brouillon pour un point txt.
Vous pourrez me dre que ça rime à rien
Mais c'est ainsi qu'on écrit la Légende du XXIe siècle !

Certains diront qu'écrire ainsi entre guillemets
C'est un peu écrire à demi-mots, en pointillés
Mais croyez moi l'encre y est !

 13.12.24

vendredi 30 août 2024

Le Diamant Bleu (2024)

 (nouveau) Certains trésors sont irremplacables.

Le spectre du diamant bleu de Louis XIV | MNHN

Sans lui il n'est rien, tout Roi qu'il peut-être.
Il a la main de Justice et son sceptre,
Il rayonne sur les bassins d’Apollon et de l’Encelade
Mais sans lui sa magnificence est fade.

Sans lui pas d'éclat dans la Galerie des Glaces,
Sans lui Versailles ne serait pas un palace,
Sans lui Louis XIV serait comme sans couronne
Le perdre, ce serait un peu perdre son trône.

C'est grâce à son éclat unique qu'il devient Roi Soleil
Parce que ce diamant a un brillant sans pareil
Le Roi des Rois étendrait-il sa lumière blanche
Sans son étoile à 7 branches et son écrin pervenche ?

Louis le Grand désarmé de son grand Diamant Bleu
Ne serait plus l'Absolu, le maître du jeu
Il ne danserait plus en dominant la cour
Il ne serait qu'un monarque au souffle court.

Sans elle, je ne serais Roi, que de moi peut-être.
Elle est la main complice qui illumine mon spectre.
Elle est ma Vénus d'ambre, d'albâtre et de jade.
Sans elle mon existence serait bien plus fade.

Sans elle il n'y aurait pas d'éclat dans mes audaces,
Sans elle mes vers manqueraient de grâce
Sans elle mon coeur n'aurait pas de couronne
Sans elle je ne serais qu'une machine, qu'un drône.

C'est grace à son éclat unique que brille le soleil
Elle est un diamant brut au sourire sans pareil
Un prince des poètes garderait ses pages blanches
Sans une étoile à 7 branches qui sur sa feuille s'épanche.

Je ne serais qu'un poète désarmé sans mon Diamant Bleu
Sans cette lumière d'amour qui brille dans mes yeux
Je ne danserais plus dans des valses d'amour
Je ne serais qu'un poète à l'inspiration qui tourne court.

Quatre siècles nous séparent et pourtant
Le Grand Louis et moi ne sommes pas si différents.
Ce qui nous rend étincelant, brillants et heureux
Provient de la lumière d'un Diamant bleu.

30.8.2024

mercredi 20 septembre 2023

Page Blanche et encre noire (2023)

 (nouveau) La matière du poème ne se crée pas, ne se perd pas, elle se transforme

collaboration à "La matière noire du poème" (Jeudi des Mots)


Une page blanche avec un peu d'encre noire

C'est ça la matière d'un poème, fin de l'histoire

Mais au-delà de l'imprimé on entend s'exprimer

L'idée qui s'y cache, le sentiment opprimé.


Le mot de l'inconscience, les maux de l'absence

L'indicible souffrance, les mots du silence

L'idée incongrue, les tourmentes impromptues

Les voix que l'on pensait pourtant à jamais tues.


Le poète travaille le vers, souffle le vers

Et y injecte cette matière qui n'existe pas

Il la façonne avec ses mots pensés tout bas.


Avec ses songes qu'il ose à peine croire

Il enrobe le vers d'une étrange matière noire

Et derrière ses mots, il dévoile un univers.


Cet univers, c'est lui, c'est vous, c'est nous, c'est flou

C'est un fleuve qui s'abreuve de rien et tout

Qui serpente innocemment entre les lignes

Et absorbe vos pensées les plus malignes.


Ce sont des douceurs sous lit d'ocytocine

Ce sont des douleurs libérées de leur morphine

C'est un cœur qui bat gavé d'adrénaline

C'est un cocktail d'émotions qui se joue de nos rétines.


Derrière les mots, c'est une âme qui s'effeuille

La pudeur du poète laisse un paravent devant

Pour ne pas se mettre à nu trop négligemment.


Entre les lignes sont enfouies ses secrets

Mais aussi les vôtres qui répondent en reflets

C'est bien plus que quelques mots écrits sur une feuille.

20.9.23

vendredi 10 janvier 2020

Tant que (2010)

...tant qu'il y aura des poètes

Tant qu'il y aura des hommes,
Tant qu'il y aura des femmes,
Tant qu'il y aura cet opium
Pour nous rendre tout feu tout flamme.

Tant qu'il y aura du désir
Tant qu'il y aura des plaisirs,
A se donner, à prendre, à défendre...
Tant qu'on pourra s'éprendre,
Il y aura des vers à écrire
Pour au mieux décrire
Ces passions qui m'inspirent.

Tant que l'amour transpire
Dans chaque frisson et chaque soupir,
Tant qu'il y aura ce doux zéphyr
Dans l'air qu'on respire,
Tant qu'il y aura du sublime
Il y aura de nouvelles rimes.

Tant que les éclairs planent dans les regards,
Tant qu'il y aura de l'espoir et d'heureux hasards,
Tant qu'il y aura de la luxure et de l'aventure,
Et tant qu'on pourra conjuguer aimer et futur,
Tant que la beauté de nos sentiments perdure
Il y aura une alcôve pour faire naître de belles écritures.

Tant qu'il y aura des sentiments pour se refléter
Dans des regards croisés et des lèvres embrassées
Tant qu'on pourra fêter
Les liens sacrés qui aiment à se tisser
Entre deux êtres liés, coeurs et corps emmêlés,
Tant que l'on pourra d'amour s'immoler,
Se brûler avec les flammes de la volupté
En conjuguant les osmoses avec l'éternité,
Il restera de belles histoires à raconter,
Des éloges à faire de la beauté
Aux passions, aux unions et à l'amour,
Puisse-t-on les connaître toujours
Malgré les temps présents où jour après jour,
Tour après tour les idylles tournent court.

Et tant qu'il y aura ce parfum
Pour enlacer deux "chacuns",
Tant qu'il y aura cette incroyable fantaisie,
Il y aura du rêve, des mots doux et de la poésie.

953 - 14.9.2010

mercredi 10 octobre 2018

Les nuits d'un poète (2018)

(nouveau) Hommage à Colette Renard dont je reprends la chanson iconique
 'Les nuits d'une demoiselle'

[ /!\ Rubrique Rose ] 

Q ue c'est bon que d'être un poète
Car le soir dans mon petit lit
Quand les mots fusent sous la couette
Quand la lune embrasse la nuit

J'me fait empoigner la plume
J'me fait secouer le stylo
J'me fait presser l'agrume
J'me fait l'recto et le verso

Je me fait triturer la rime
Je me fait frétiller tous les vers
J'me fait tutoyer le sublime
J'me fait l'Larousse et l'Robert

J'me fait filer la métaphore
Je me fait vider l'encrier
J'me fait dresser l'oxymore
Je me fait froisser le cahier

J'me fait tressaillir les termes
Je me fait revenir la sauce
J'me fait maturer le germe
Je me fait envoler l'Albatros

J'me fait vibrer l'écriture
J'me fait chanter la Bohème
J'me fait rayer les ratures
Je me fait fleurir les poèmes

J'me fait monter la parabole
J'me fait titiller l'émotion
J'me fait gonfler l'hyperbole
J'me fait souffler l'inspiration

J'me fait raviver l'espoir
Je me fait jaillir la flamme
Avec un micro certains soirs
Je me fait déclamer le slam

Mais vous me demand'rez peut-être
Ce que je fais le jour durant
Oh ! cela tient en peu de lettres :
Le jour, j'écris, tout simplement.



10.10.2018

vendredi 27 avril 2018

Poésie infinie (2007)

La vie est une poésie infinie
Faite de vers et de revers enlacés,
Croisés, plats, embarassés ou embrassés,
Réguliers, irréguliers, en harmonie.

Pas toujours ordonnés comme l'alexandrin
Les vers de nos matins, comme ceux de nos soirs,
Se lisent dans nos coeurs, papier buvard velin
Entonnant nos rancoeurs, mais aussi nos espoirs.

Ils se délient parfois dans des cris exsangues
Qui cinglent de toute leur force et ne riment à rien
Car les mots sont parfois très dûrs, peu importe la langue
Et pèsent dans les âmes d'un poids qui fait céder les plumes
Dans un flot ininterrompu d'amertumes.

La vie est faite des vers luisants du bonheur,
Folles lucioles des amours et des douceurs,
Dessinées par les anges qui gardent nos âmes,
Décimées aussi par les démons de nos drames.

La vie est un long fleuve tranquille à l'eau d'encre
Qui se déverse dans le lit de nos mémoires
Sur des pages, des classeurs, des livres, des armoires...
Souvent pleines de ratures car elle est cancre.

La vie est une poésie infinie
Qui s'écrit en chacun de nous comme un rêve
Plus ou moins inspirée, elle est la sève
Qui coule dans les veines de nos envies.

Elle s'écrit dans l'amour comme dans la mort,
Dans l'amitié comme dans l'adversité
De la maternelle aux bancs de l'université
Des rues de Paris aux temples d'Ankhor
Dans la famille comme dans le travail,
Dans le destin comme dans nos entreprises,
Dans nos vieilles routines comme dans la surprise...

Elle coule et moi, je la bois à la paille
Je savoure les récits qu'elle me susurre
De sa voix cristalline, divine et pure.
La vie est une poésie aux parfums d'éternité
Et je me plais, du bout de mes vers, à vous la conter.

562 - 6.6.7

samedi 7 avril 2018

Poète en grève (2003)

N'attendez pas votre quatrain quotidien,
Ma plume mécontente veut protester.
Elle, si douce d'habitude, veut riposter
Contre l'infortune et défendre tout le bien
Qu'elle prodigue, la lumière qu'elle devient.

N'attendez pas mes vers luisants de toute beauté,
Il n'y aura qu'un cri contre la société:
Un silence contre ceux qui s'écrient pour rien.

N'attendez pas que ma plume vous transporte,
Comme le train ou l'avion, elle reste à quai.
Mes mots se perdraient dans un mystérieux hoquet
Où s'étouffera tout message qu'ils colportent.

Mes rimes seront plates, mes strophes brèves.
Je garantirai un service minimum
Dans le silence des bulles de l'aquarium.
Pas de grande poésie, je suis en grève.

(c) YonL - 8.6.3

samedi 3 février 2018

L'ascenseur (2018)

[nouveau] Ascenseur émotionnel

Le Slam est un ascenseur un peu fou
Chacun appuie sur le bouton
Et on s’enfuit , on s’en va , où ?
on s’en fout... on verra
A la guerre ou à l’amour
D’acier ou de velours
Une voix va vous transporter je ne sais où
Sans dessus sans dessous
Au final qui sait à quel étage on va s’arrêter ?
À vous de voir...

Et surtout à vous de juger quand ce sera à votre tour d’appuyer ...
Et moi où je vous envoie ? a Paris , au Pérou , au 69ème ciel, au fond d’un trou ?
A Biscarrosse ou au delà du Cosmos ?
Difficile de se fixer dans cette cellule
Où finalement toutes nos idées se bousculent

Le Slam est un drôle d’ascenseur
Il enchante comme il vous fait peur
Toujours un peu difficile d’y rentrer
Mais laissez vous tenter
Lorsque les portes se referment
Le sort en est jeté
Sur vos yeux sur vos oreilles
La poésie va se projeter
Il est impossible de la rejeter
Un petit mot à rajouter ?
Le micro est là juste à coté
Il suffit de venir lui parler
Pas d’humeur bavarde ? Ça vous regarde
Vous pouvez être juge, pas de conciliabule
Il faut juste 2 chiffres avec une virgule.

Le Slam est un ascenseur solitaire
Son trajet n’est que l’inventaire
Des créations de chacun
Un spectacle en travaux
Et chacun apporte ses tréteaux
Chacun repeint les murs
D’un cri ou d’un murmure
Avec ou sans armure
Sur ou sous la ceinture
C’est vous qui faites les soudures
Entre les idées entre les poètes
Les cœurs meurtris et ceux en fête
Que vous soyez ville ou campagne
Que vous soyez détresse ou champagne
Manifestez votre chagrin ou votre entrain
Entrez dans la danse des alexandrins
Cette valse particulière à douze pas
Même si ici on aime et on ne compte pas

Le Slam est un ascenseur
Un ascenseur émotionnel
Il va vous chambouler dans ton les sens
Va vous transporter sans électricité, sans essence
A grand coup de voix sur les ondes portées
Chacun apporte son étoile à la Voie Lactée
Le Slam est un ascenseur
Mais ne l’appelez surtout pas
C’est lui qui vous appelle...

2.2.2018

jeudi 23 novembre 2017

Ca sent le sapin (2017)

[nouveau] Slam: Distribution de cadeaux pour l'Ego de ceux qui me font tripper

Ce soir ça sent le sapin
Emballé c'est pesé distribution de parpaings
Le père YonL est assez hot
J'ai des bons mots plein la hotte
Pour les poètes les jurés, les brunes les blondes et les châtains
Ce soir j'arroserai tout le monde les gentils comme les vilains.

Honneur au lauréat - parce qu'il le vaut bien -
Je commencerai par Nobody
Avec toi l'heure quand l'heure est mure
Forcément l'ordre devient drôle
T'as giclé Luchini de la scène
Tu lui as piqué le 1er rôle
Quand on t'écoute c'est le paradis
Tu nous transporte comme un OVNI.

Sous ton chapeau y a de l'or Orbor
Bon blase avec ça on ne peut qu'être borderline
Peu importe qui tu étais Bon brute ou "Truamp"
T'as fait chauffé les feux de la rampe.

Le prochain est pour toi "Gros Cerveau Malade"
Nous aussi nous sommes plusieurs dans ma tête
Et quand mon train reste bloqué en pleine voie
Forcément le flot s'arrête et tous les trois on pense à toi

Maintenant place au poids lourd M.Brami
Si seulement le grand Serge était encore en vie
Il porterait en exergue le flot d'un poète rebelle
Ce fou de la rime qui aime la plume sans pour autant la trouver belle
Ces rimes enragées qui perforent comme des douilles de Kalashnikov
Il s'unirait à ton flot pour crier à Marine "FUCK OFF"
Vous écririez ensemble le requiem ...le requiem pour une conne.

Ses textes ne se bousculent pas dans son cahier
Cela dit, poète, faut le dire, c'est pas vraiment son métier
Il est modèle, photographe et sans doute même un peu barbier
Un corps d'éphèbe, une barbe bien taillée.
Ce qu'il manque ici c'est une jolie photo
Genre Pierre Bertho ... shooté par Pierre Bertho.

Je voulais aussi en placer une pour une mamie électrique
Elle a le phrasé rosé, le mot osé et le verbe tantrique
C’est un bijou, c’est un saphir, une panthère a la plume de velours
Avec elle même le plus sale des pornos garde une touche de glamour.

Ayún Hugo le péruvien a ton tour de te faire aduler
Ta voix est un bonbon aux parfums acidulés.
T’avais pas encore l’âge d’éjaculer
Que t’avais déjà un flot immaculé
Le seul poète qui garde la vibe en disant « va te faire enculer »

Enfin je pouvais pas terminer sans évoquer le taulier
Wojtek le forgeron, le sorcier aux vers d’acier
Il paraît que tu montes un stand up sur ta bite
Je donnerai tout pour m’infliger 1h30 de coït
J’ai entendu des MC dire qu’ils retournent ta mère
Trop facile, pour te retourner toi, il faut retourner Ciel et Terre
Comme un ouragan t'emportes tout à coup de punchlines
"Vous pouvez arrêter de chercher l'avion de la Malaysia Airlines"

Et parce qu’y aura sans doute du monde que dans ces vers j’ai oublié
Des compliments j’en ai en rab j’en rajouterai sur vos cahiers
Voilà pour les cadeaux,
Y aura pas de boîte de Lego
A l'aide d'un simple micro
Je viens souffler dans votre égo.

lundi 18 septembre 2017

J'étais de ceux (2017)

[Nouveau] Parce que parfois les mots ne me suffisent plus...

J'étais de ceux qui pensaient pouvoir tout écrire 
Tout transcrire tout décrire 
Que tout pouvait se traduire
Pour un lecteur qui n'a plus qu'à nous lire.

J'étais de ceux qui pensaient l'écriture comme un vecteur universel
Qu'on pouvait coucher sur la feuille notre fiel ou notre miel
Mettre du sucre ou du sel
Des vagues et des étincelles 
Dessiner en quelques mots
L'essentiel et le superficiel
Les Hommes la Terre et le ciel.

Je pensais être de ces alchimistes du verbe
Qui pouvaient faire de l'or avec quelques gouttes d'encre
Qu'il suffisait des quelques traits d'une plume acerbe
Pour faire voyager le lecteur et lui faire lever l'ancre.

Je pensais qu'aucun sentiment, aucune émotion 
Ne saurait être imprimée sur une page blanche.
Je dois l'admettre avec résignation 
La vie sur le Poète aura eu sa revanche.

Car oui cette quête est vaine
La poésie coule encore dans mes veines 
Mais je le reconnais j'ai beau écouter mon cœur
J'ai beau enjoliver la réalité de mots  enchanteurs
La vérité est passée au révélateur 
Il y a aujourd'hui des bonheurs
Que je ne sais pas retranscrire.
Des joies si immenses que même la plus grande des plumes ne ferait que réduire.

J'étais de ceux qui pensaient pouvoir tout écrire 
Tout transcrire tout décrire 
Que tout pouvait se traduire
Le meilleur comme le pire 
Le malheur comme le sourire.

J'en étais, mais ça c'était avant !
Avant de connaître le plus grand des firmaments
Avant de connaître ce bonheur d'être parent.
Avant de connaître tous ces moments
Les plus émouvants aussi parfois les plus stressants
Avant de voir une paire de bras qui se tend
Et une petite voix crier Papa avec un sourire géant
Les yeux grands comme deux océans.

Oui, ce genre de petit bonheur
Lorsque ma fille me tend son coeur
Aucune phrase, aucun poème
Ne peut transcrire ce que cela me donne.
Devant tant de pureté, c'est la plume qui abandonne.

12.9.17

mardi 26 août 2014

Moi, poète de la République (2012)

Parce que la Poésie n'a heureusement rien de Politique et que je peux remanier ma plume sans créer un brouhaha qui brouille l'écoute, et que ma plume garde des convictions nettes et surent, qui ne mentent pas...
Retour sur un discours fédérateur

Moi, Poète de la République
J’écrirai sans arrière pensée
J’éviterai d’employer trop de mots pesés
Trop de propos calibrés et brossés
Qu’on écrit pour émouvoir
Pour stimuler les mémoires

Moi, Poète de la République
J’éviterai les métaphores,
J’éviterai les anaphores
J’éviterai d’être un écrivore
Aveuglé par une quête de mots
Je n’irai pas par 4 chemins, je n’irai pas dans tous les sens
Je suis un poète qui aime donner du sens

Moi, Poète de la République
Je n’userai
Ni de la démagogie
Ni de la psychologie
Ni de comparaisons, ni d’analogies
Ni de calembours ni de jeux de mots
Ni d’images crues, ni de mauvais maux
Je ne ferai ni du cul ni du cœur
Ni du social, ni du cousu main, ni du par cœur

Moi, Poète de la République
Je n’exploiterai  ni la famille, ni les banlieues
Ni les roses rouges pour les fleurs bleues
Je n’irai pas superposer les fantaisies
Et oser ensuite appeler ça de la poésie

Moi, Poète de la République
Je rejetterai le sale et le graveleux
Jetterai à l’égout la plume des dalleux
J’écrirai à l’encre de mes yeux
Mais pas à celle de ma queue

Moi, Poète de la République
Je n’achèterai pas le jury
Je ne les flatterai ni de l’œil, ni avec divers écueils
Je ne favoriserai aucun parti pris

Moi, Poète de la République
Jamais je ne corromprai mon auditoire
Pour être la star d’un soir

Moi, Poète de la République
J’écrirai librement et je slammerai librement
Moi, Poète de la République
Je serai le poète du libre arbitre
Je déclamerai sans chercher un titre
Je ne suis pas du genre à faire le pitre
Pour vous amadouer depuis mon pupitre.

Moi, Poète de la République
Je serai un poète feu d’artifice
Car je m’exprime naturellement, sans aucun artifice
Je n’aurai ni gène ni tabou
Je n’aurai pas peur de crier au loup
Je m’exprimerai, un point c’est tout

Moi, Poète de la République
Je ferai feu de tout bois
N’aurai aucune langue de bois
Je ne fais pas de politique
Je ne fais qu’utiliser ma licence poétique

Moi, Poète de la République
Je ne vendrai pas mon âme
Je ne vendrai pas mon slam
J’écris donc je suis
Et ce simple cri me suffit

Moi, Poète de la République
Je resterai un aboyeur
Je resterai un rêveur
Je resterai un auteur
En quête perpétuelle de hauteur

Moi, Poète de la République
Je continuerai à m’inspirer
De la pluie et du beau temps
Mais surtout, je resterai dans l’air du temps

Moi, Poète de la République
Je ne perdrai pas entre litanies et paraboles
Dans un monologue de vieux symboles
Et veillerai à mon  temps de parole

Enfin, Moi, Poète de la République
J’éviterai enfin de paraphraser
De m’inspirer de fameux discours
Et de les adapter pour vous jouer un tour
Pour vous charmer en donnant à mon texte des atours
Juste pour faire bien
Car je ne suis candidat à rien
Je ne suis qu’un poète, sans peur et sans doute
Qui ne cherche rien d’autre que votre écoute.

#1059 // 4/5/2012

lundi 11 août 2014

La nuit je mens...(2012)

Centon


Le principe d'un Centon est simple, il s'agit d'assembler un texte avec des passages de textes célèbres.

A vous de les retrouver ! 


La nuit je mens comme je m'endors
Bouche ouverte, tête nue
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
Je le refais, et ça continue encore et encore...

J'entends les sanglots longs des violons de l'Automne
Et je m'en vais au vent mauvais
Sur le parking des anges
Là où la Terre est bleue comme une orange.

Mais le Poète est semblable au prince des nuées
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher
Il est une prison où l'âme reste libre
Derrière les barreaux, pour quelques mots pensés si fort.
Je vis le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre,
Vivre pour le meilleur, vivre avec le cœur qui bat
Au rythme des marées, à celui des saisons,
A celui des heures du jour et de la nuit.

Je fais souvent ce rêve,
Mais la nuit je mens, je m'en vais
Comme dit si bien Verlaine au vent mauvais
Ô temps, suspends ton vol et garde moi libre
Pour vivre, c'est une question d'équilibre
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage
Souriant comme sourirait un enfant malade
Si je m'endors, c'est pour ne plus rêver.

#1061 / 23.8.2012
In Jeux Poétiques, receuil collectif Lespoetes.net

mardi 25 février 2014

Un monde en soi (2014)

"Le poète est un monde enfermé dans un homme" (Victor Hugo)


O
n a tous un monde en soi
Avec ses montagnes et ses vallées
Avec ses principes et ses lois
Et ses secrets à révèler.

Il y a des villes et des forêts
Aussi des volcans endormis
Qu'un rien peut réveiller.

Il y a des lieux égarés
Aussi des océans fleuris
Qu'un sourire peut éveiller.

Il y a les rivières que les larmes creusent
Et le trésor de nos âmes heureuses
Pour faire briller nos idées et nos idéaux
Et bien sûr au centre, il y a notre égo
Et c'est toute une population
Toutes ces parties de nous même
Mélées entre révoltes et passions
Et sous la pression de nos problèmes
Toutes s'expriment et explosent
Dans la colère comme dans l'apothéose.

On fait de chaque émotion un voyage
Selon le sens des vagues, selon la route
On se perd dans la jungle de nos doutes
Ou l'on se dore sur une plage.

Ainsi de regards en sourires
On a tous un monde à dévoiler
Chaque soupir est un zéphyr
Qui dégage nos ciels voilés.

Oui, chacun à son monde à soi
Avec son enfer et son paradis
Et ses passerelles, la tendresse, l'émoi
Entre les deux mondes des passages inédits
Comme le veut le bel adage
Chaque rencontre est un voyage.
Chacun son monde et chacun échange,
La communication créée le plus beau des mélanges.

On a tous un monde en soi,
Avec ses démons et ses merveilles
Avec ses lunes et ses soleils
Sa peur et sa foi,
Le chaud et le froid
Le confort et l'effroi,
Un monde qui n'a pas de bout,
Un monde raisonné, mais aussi un peu fou
Un monde à découvrir mais aussi à fuir
A cacher mais surtout à partager
Entre lumières et zones ombragées.

Ce monde chacun le vit à sa manière
Certains s'y retrouvent et d'autres s'enfuient
En s'en protégeant comme d'un torrent de pluie.
C'est un monde où l'on a placé chaque pierre
C'est une légéreté comme un poids
Chacun sa manière de le porter,
De l'ouvrir et de l'emporter,
On a tous un monde en soi.

#1081 - 25.2.2014

mardi 26 février 2013

Livre ouvert (2004)



Je suis un livre ouvert,
Libre a toi de me dévorer,
D'avaler chaque page, chaque vers,
Et de fil en aiguille tous les croquer
          
Je suis un livre ouvert,
Où chaque ligne est un sentiment,
Où chaque mot se lit tendrement,
Imprimé d'une encre de vair
          
Je suis un livre ouvert,
Libre a toi de le refermer,
Avant d'y être toi aussi enfermée,
          
Je suis un livre ouvert, sans secrets indiscrets,
Je montre ma plus infime pensée,
Pour que tu puisse en ton cœur l'encenser.

#227 - 26.2.2004

samedi 23 février 2013

Le Mariage tue ? (2013)



"Le Mariage tue le slam ?"
La poésie, la voix de mon âme
Serait éteinte comme une flamme
Du moment que je suis mari d'une femme ?

Le mariage tuerait l'art ?
Quel cauchemar, quel traquenard!
On parle de nouveau départ
Mais vous voudriez que je me sépare
De mon plus bel étendard ?
Comme l'abeille meurt en perdant son dard
Sans ma plume je serais comme ces zombies hagards,
Les anonymes que l'on croise sur les trottoirs
M'enlever la poésie c'est me voler mes espoirs.

Je reconnais, il est vrai que j'écris moins de textes
Mais je n'invente pas de prétextes
Ma protégée est entre mon majeur et mon index
Avoir une bague à l'annulaire n'a rien mis à l'index.

Le mariage n'est pas venu assassiner mes turpitudes
C'est juste qu'il a bousculé mes habitudes
Il n'y a ici ni servitude ni solitude
Et même si les temps sont rudes
Je veux écrire de nouveaux soleils
J'ai la fantaisie en sommeil
Mais j'attends juste son réveil
Et je sais que rien ne sera plus pareil
Si ce n'est que je continuerai à vous bercer les oreilles.
J'ai de nouveaux idéaux, un nouvel absolu
Mais le temps des bohèmes n'est pas révolu.

Le mariage est une révolution du quotidien,
On pense à deux, on pense uni et ça fait du bien
Car quand on rêve ensemble, on rêve plus grand.

Donc, non, le mariage ne tue pas le slam
Il fait naître en moi une nouvelle flamme
J'ai envie d'écrire comme j'ai envie de bâtir
Et construire ça prend du temps,
Construire son univers et construire des vers
Les deux sont importants.

Les poète n'est pas mort
Et ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort,
J'irai à la conquête de nouveaux trésors
Car je reste un charmeur de mots
En sommeil, il est vrai toujours en repos,
Une phalène poétoïde en pleine chrysalide
Si je puis me permettre cette métaphore.
Non, le mariage ne tue pas le slam
Il n'étouffe pas, bien au contraire, il fait grandir l'âme.

#1049 - 23.2.2012

vendredi 18 janvier 2013

Une étreinte (2011)

"Eternité est l’'anagramme d’étreinte" (Henri de Montherlant)
 Une étreinte… un geste, une embrassade,
La plus nature des aubades,
La plus sincère des sérénades,
La plus douce des attaques,
La plus tendre des estocades,
L’accolade qui fait se déverser l’amour en cascade.

Une étreinte…voilà de quoi tout part
Lorsque de sentiments, elle se pare,
Deux êtres sont à la fois partout et nulle part
Et préparent, le cœur au chaud, un nouveau départ,
De deux Vous, d’un Nous, elle s’accapare…

…Et laisse alors l’indélébile empreinte,
Une lumière qui brille même éteinte
Drôle d’enceinte… deux paires de bras
Délimitent le périmètre
Sans mensonges ni feintes
Dans la rue ou dans des draps
Même combat… l’Amour est maître
Gardant fièrement la plus belle des prisons,
Celle qui retient deux cœurs à l’unisson.

Alcôve intime éthérée
Où les plus doux secrets sont murmurés
Des souffles, des soupirs, des baisers discrets…
Drôle de labyrinthe
Puisqu’on n’en cherche pas la sortie
Puisque c’est en dehors que les esprits s’éreintent.

Une étreinte, c’est de là que tout est parti…
C’est le Big Bang que se créent nos envies
Deux envies de sentiments unis,
Un sourire, un fou rire, une frêle étincelle
Engendre ce geste nous donne des ailes.

Voilà ce que c’est … Une étreinte,
Geste étrange qui allume une alcôve bleutée,
Fabrique un cocon où se crée une autre beauté
Celle de deux êtres qui se sont envoutés
Pour une minute, une heure, un mois, un été…
Une alcôve qui se fortifie au fil du temps
Défiant les saisons, les ans, 10 ans …
Parce que comme le dit si bien Henri de Montherlant
« Eternité est l’anagramme d’étreinte »
#981 // 19.1.11

jeudi 3 janvier 2013

Dans le sang... (2001)


Si je savais d'où viennent toutes ces essences,
Qui rendent mes vers bleus et mes mots si heureux
Je serais poète éclairé mais malheureux,
Je laisse errer ma plume au son de l'ignorance.

Je laisse la poésie s'étaler sur les feuilles,
C'est pour qu'elle puisse tout exprimer sans limite,
C'est pour que son art et son reflet imitent
Dans leur expression une fille qui s'effeuille.
Ainsi la plume, frêle, se dénude-t-elle,
Sous les lumières aveuglantes de l'inspiration,
Sous les rythmes endiablés de ces illusions
Gorgées d'envie, elle abandonne la dentelle.

La chaleur prodiguée engendre ferveur,
Fièvre et passion aux confins de mes veines,
Mon sang se charge alors de mots qui s'enchaînent
Et transporte, décodé, le langage du coeur.
Il naît, dans l'écume de ces tendres flots,
Dans ce sang rouge rempli de plasma bleu,
Toute l'envie du poète de jouer à son jeu:
Poésie, mutation des sentiments en mots.

Ainsi vit le poète, donnant son feu fleuri
A un papier froid prêt à cueillir sa folie,
Traquant les muses pour les phrases les plus jolies
Que seuls peuvent imaginer leur coeur meurtri.
Le poète est mage, sorcier illusionniste,
Imposant une vision du monde différente,
Couchant ses sorts d'encre magique permanente,
Puisant le réel pour créer ce qui n'existe.

La poésie est un don qui m'a envahi,
C'est un sortilège affectant tout mon sang,
Assoiffé de lumières, poison puissant,
Il me tuera si l'inspiration me trahit.
Ainsi aurais-je cette poésie dans le sang,
C'est pour cela que je libère ainsi mes mots,
Car enfermés, ils ne sont que de brefs sanglots,
Qui sont si nombreux qu'il me faut compter à cent
Ces pleurs que la magie sait si bien libérer.

#100 - 3.1.2001