Bonjour, certains me connaissent d'autres moins, je suis YonL (Lionel de mon vrai prénom), poète et slammeur en région parisienne. J'ai écris un peu, beaucoup et même passionnément depuis l'âge de 9 ans. La Poésie est une maladie dont on ne peut pas guérir, et c'est tant mieux.
mardi 23 juin 2015
Ronaldinha (2007)
Elle a jonglé avec moi
Avec autant d'aisance qu'avec un ballon
J'en suis encore pantois
Tant elle m'a fait perdre la raison
J'étais tombé dans ses feintes de regard
Trop attardé dans la danse de ses passements de jambes
Avec ses charmes, ses gri-gri qui me rendaient hagards
Avec lesquelles plus vite qu'un stade, ma chair flambe.
En bon défenseur des cages de mon coeur
Elle m'a happé de ses dribbles provocateurs
Et je me suis jeté dans un tacle de douceur,
Roulettes et rateaux, elle est partie à 100 à l'heure.
C'est ainsi que je me suis retrouvé sur la touche
Très loin de la pelouse de son jardin d'Eden.
J'observais avec effroi sa conduite un peu louche
Et les une-deux de son esprit schizophrène.
La balle toujours dans son camp, elle jouait attaquant,
La belle sans effort multipliant les feintes de corps
Egarements, disquettes et prétextes en faux semblant
Devant mes envies de la revoir encore et encore.
Elle a dribblé avec mon âme
Encore mieux que Messi avec un ballon
Elle m'a éliminé dans des fumigènes de drâme
Avant de détaler comme un étalon
Adressant un carton rouge à mes émotions,
Pur châtiment tiré en pleine lucarne
Me projetant dans le filet de mes illusions
Me laissant à mes réalités dont le vide s'acharne.
Malgré toutes mes parades je n'ai rien pu faire
J'ai laissé se défiler la belle aux cils effilés
Me laissant sans repère après son ultime transfert
Où elle pensait sans doute trouver un ciel plus étoilé.
Elle m'avait surpris, elle m'avait séduit
Elle s'était distinguée, elle s'était démarquée
Une étoile filante en un soubressaut enfuie
Ce qui est sûr, c'est qu'elle m'aura marqué.
565 - 12.6.7
lundi 27 octobre 2014
Le Stade (2008)
L'arène de tous les rêves...
Les premières fois que j'y suis allé
L'esprit intrigué, à traverser les allées
J'avais un poste comme stadier
Ce qui était bien c'est que j'entrais sans payer
J'entendais sans comprendre et je ne pouvais pas regarder
J'avais des bribes comme dans un secret mal gardé
Quelques bruits qui courent ça et là
Les cris, la huée, la bronca...
Puis j'ai fait comme tout le monde, j'ai fini par tourner la tête
Quand ça s'est su ça a été ma fête
Je n'en ai même pas eu honte, ce n'est pas quelque chose que je regrette
Ce soir là je m'étais endormi moins bête
Mieux encore, j'avais des rêves plein la tête.
Je n'étais qu'un enfant qui après la découverte a eu envie de pratique,
Et j'ai trouvé un terrain d'entente avec quelques camarades sympathiques
Il y a eu des passes des transmissions et quelques une-deux,
Complicité, complémentarité, tout l'art de jouer à deux,
J'étais plutôt défenseur, attaquer n'est pas mon trip,
On a voulu me mettre gardien, mais je ne prenais pas les choses en main,
Pas assez d'engagement, incapable de me vider les tripes,
C'est finalement sans surprise que je me suis fait virer de l'équipe.
J'ai toujours eu du mal à contrôler et je tombais dans toutes les feintes
On m'a dit "c'est pas pour toi, je ne vois pas pourquoi tu t'esquintes"
Rupture des égarements croisés, entorse de la jeunesse,
J'ai aussi lâché parce que je vois beaucoup de coeurs qui se blessent.
Mais en moi était toujours présent l'esprit du Sport
Aficionado, supporter, grand amateur, j'en voulais encore
A défaut de briller et de faire les unes,
On m'invite assez souvent dans les tribunes
On apprécie mon sens du jeu, mon sens tactique,
J'ai des talents d'observateur et une sacré logique
Et de l'expérience, à force de trainer dans le public.
Je ferais un bon consultant, quoi qu'un peu trop zelé,
Puis à terme, on finirait par voir que je suis pas si calé.
D'autres plus ambitieux s'attachent mes services
Pour que je sois leur coach, leur mentor ou leur stratège
Pour que je les échauffe les conseille ou les protège
Beaucoup de demandes, et pas forcément de la part de novices,
J'accepte sans rechigner même si je l'avoue c'est parfois un supplice
De voir quelques soeurs s'offrir mes talents sans me renvoyer l'ascenseur.
Une fois je me suis même retrouvé arbitre,
C'était un match à rebondissements et à vingt huit chapitres
Beaucoup de fautes, des simulations et pas mal de hors-jeux,
Corrompu des deux côtés je ne pouvais pas lever le drapeau,
Mais une fois arrivés aux mains, je ne pouvais plus faire de cadeau,
Cartons rouges, on a fini sur l'expulsion d'un couple de rageux.
J'ai pas mal d'entrées dans le Stade de l'Amour,
Gradins, tribunes, loges V.I.P, Présidentielle
A observer un jeu trop souvent superficiel
Des détours, des cours, des courses et des esprits qui montent dans les tours,
A rester sur le bord de la touche et élaborer de vaines tactiques
Histoire de donner au jeu un brin de fantaisie héroïque,
Quelques fois avec le sifflet à faire la Police,
Mais moi je jalouse ceux qui sont sur la pelouse,
Je n'irais pas jusqu'à convoiter la place de n°10
Sur laquelle je n'espère pas avoir ne serait ce qu'une demi ouverture.
Mais pouvoir me mêler à la mêlée, être en première ligne
Chausser les crampons, fouler du bout des doigts
La piste aux étoiles, la piste aux émois.
Car c'est sur le terrain, au milieu de toutes les ébullitions
Que l'on traverse tous les stades de l'émotion
Avoir comme tout le monde ce sourire franc et fier
Quand j'arrive dans la lumière, sortant des vestiaires,
Je ne suis pas Messi, ni Cristiano, ni Ribéry
Mais j'attends, d'avoir dans ce Stade, moi aussi, un moment de féérie.