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lundi 18 septembre 2017

J'étais de ceux (2017)

[Nouveau] Parce que parfois les mots ne me suffisent plus...

J'étais de ceux qui pensaient pouvoir tout écrire 
Tout transcrire tout décrire 
Que tout pouvait se traduire
Pour un lecteur qui n'a plus qu'à nous lire.

J'étais de ceux qui pensaient l'écriture comme un vecteur universel
Qu'on pouvait coucher sur la feuille notre fiel ou notre miel
Mettre du sucre ou du sel
Des vagues et des étincelles 
Dessiner en quelques mots
L'essentiel et le superficiel
Les Hommes la Terre et le ciel.

Je pensais être de ces alchimistes du verbe
Qui pouvaient faire de l'or avec quelques gouttes d'encre
Qu'il suffisait des quelques traits d'une plume acerbe
Pour faire voyager le lecteur et lui faire lever l'ancre.

Je pensais qu'aucun sentiment, aucune émotion 
Ne saurait être imprimée sur une page blanche.
Je dois l'admettre avec résignation 
La vie sur le Poète aura eu sa revanche.

Car oui cette quête est vaine
La poésie coule encore dans mes veines 
Mais je le reconnais j'ai beau écouter mon cœur
J'ai beau enjoliver la réalité de mots  enchanteurs
La vérité est passée au révélateur 
Il y a aujourd'hui des bonheurs
Que je ne sais pas retranscrire.
Des joies si immenses que même la plus grande des plumes ne ferait que réduire.

J'étais de ceux qui pensaient pouvoir tout écrire 
Tout transcrire tout décrire 
Que tout pouvait se traduire
Le meilleur comme le pire 
Le malheur comme le sourire.

J'en étais, mais ça c'était avant !
Avant de connaître le plus grand des firmaments
Avant de connaître ce bonheur d'être parent.
Avant de connaître tous ces moments
Les plus émouvants aussi parfois les plus stressants
Avant de voir une paire de bras qui se tend
Et une petite voix crier Papa avec un sourire géant
Les yeux grands comme deux océans.

Oui, ce genre de petit bonheur
Lorsque ma fille me tend son coeur
Aucune phrase, aucun poème
Ne peut transcrire ce que cela me donne.
Devant tant de pureté, c'est la plume qui abandonne.

12.9.17

dimanche 10 août 2014

24 heures brut (2006)

Parce que le temps c'est précieux...


Chronos nous a donné à tous le même salaire:
24 heures brut à la journée.
Il faut profiter de chaque minute qui nous est donnée
On ne mesure jamais le prix des honoraires.

Le temps est d'autant plus précieux
Qu'il est soumis à des impôts,
Rare sont ceux qui en ont de trop:
Il faut gérer nos restes et les investir au mieux.

Placer deux heures sur un film sympathique,
Miser quelques minutes sur une belle chanson,
Quelques secondes dans des regards électriques
Suffisent parfois à rapporter du bonheur à foison.

A ces 24 heures il faut amputer le travail:
Une taxe qui compte pour un bon tiers
Cinq jours sur sept: La dîme est chère.
C'est le prix à payer pour de belles ripailles.
Impôt sur nos revenus, les chômeurs sont exonérés,
Les faire payer ce lourd tribut, ce serait exagéré,
Les retraités en sont aussi exemptés:
A tant le payer, ils l'ont bien mérité.

Comme si ça ne suffisait pas il y a aussi le sommeil:
La donation est libre mais pensez à la payer
Car le fisc de Morphée, difficile de le frauder.
Les transports, les aléas, les bouchons, les tracas,
Les rendez-vous, et la queue pour les en cas,
Les trains ratés et les journées mortes...

Comme en fin de compte il ne reste pour le plaisir,
Qu'un maigre solde de temps net et égoutté,
Ne le gaspillez pas à vous lamenter,
Offrez vous avec tous les instants, tous les désirs.

Car celui qui a dit que le temps c'est de l'argent à tort:
Dans les instant précieux, les instants délicieux,
Dans les moments de joie qui nous rendent si heureux,
Le temps passé, ce n'est pas de l'argent, c'est de l'or.


#476 - 7.12.2006