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mercredi 29 janvier 2020

Un régal de regard (2010)

Elle à les yeux ... Suchard


Des éclats, des pépites, des amandes
Une pupille en praline, un iris cacao
Le tout nappé, offert comme une offrande.
De tous les desserts, il est le plus beau.

C'est un regard fort en chocolat,
On y trouve même une liqueur d'envie
Accompagné d'un sourire croquant plein d'éclats.
C'est un délice qui m'embellit la vie.

Un délice, doux supplice que ton regard complice.
Ce regard gourmand qui me croque encore et encore.
Un délice, doux supplice que ton regard malice
Qui me hante toujours plus encore,
Pour lequel je me mets à nu
Comme l'on se met à table.
Je suis un dessert sous ta mine goulue,
Je suis, comme servi, à ta table.

Je me nourris encore de ce regard
Alors que tes yeux gloutons me dévorent,
Il m'aime, et me savoure, insolent et bavard
Tes yeux sont des truffes, je les adore.

Je dois être le seul à y avoir vu tout ça:
Envie, faim, dégustation et gourmandise.
Je vois bien qu'ils ne pensent qu'à ça.
Je suis ta friandise, ton bonbon, ta convoitise
Qui sous tes braises chocolatées s'attise,
Je fonds sur toi, sous ton emprise,
Ils me dépapillotent comme dans un strip-tease.

Dans tes flammes brunes cerclées de blanc
Je m'immole entier de ton feu insolent.
Tout entier, à ta guise, je m'électrise
Fonds sur toi, en toi, les doigts dans ta prise.

Chocolat, pralines, caramel et vanille,
Ton regard est mon régal, mon dessert gourmand,
Ressert le moi chaque soir, je resterai friand
De tes yeux Suchard qui devant moi scintillent.
Insatiable, gourmand, gourmet et bavard,
Ton regard est un dessert dont je me régale
Servi avec un coulis de mon esprit fêtard
Ressert le moi donc, que de mes yeux, je l'avale.

29.1.10

lundi 25 février 2013

C'est pas du gâteau (2009)



Pas besoin d'une fine analyse
En ces temps de crise
Crise de foi, crise d'effroi et crise de foie,
Dans une conjecture qu'on a du mal à digérer
C'est tout sauf exagérer d'affirmer bien haut
Que la vie c'est tout sauf du gâteau.

On ressent tous cette souffrance qui nous dévore comme un lion
Et dès le réveil on en a des images plein les oreilles.
C'est une gelée de groseilles qui nous gèle le cœur et les orteils
En ces heures où le monde est en pleine ébullition
Chacun se plaint de son existence fade sans épices.
On est bien loin du pays des merveilles d'Alice
Où des parterres de fleurs poussent dans une mousse en pain d'épices.

Machines piégées dans la matrice d'un monde virtuel
Où les néons du métro deviennent notre seule lumière
Comment trouver un goût à cette vie amère
Où la douceur d'une caresse nous paraît surnaturelle ?
Soupe de dégoûts mixée par un robot,
La pâte de nos vies est tout sauf celle d'un gâteau.

Pourtant, aux antipodes de cette vie de rat de laboratoire
Tu m'as offert un mélange de saveurs inédites douces et acidulées
Donnant à chaque manifestation de notre amour
Ce piment qui pour nos langues se fait tout de velours
D'une force et d'une douceur toutes deux inégalées.

Non, la vie ce n'est pas du gâteau
Mais perdu dans la chocolaterie câline
De tes yeux d'amande sertis de savoureuses pralines
Tu rends mon cœur si léger qu'il s'envole malgré tous les fardeaux.
Est-ce tes lèvres onctueuses ou ta peau pain d'épices,
Le sel de tes joues où les piments de ton calice ?
Grâce à tes délires et au charme de tes malices
Tu as relevé mon âme pour lui sucrer ses supplices
Faisant de ma vie un véritable délice.

#792 - 25.2.9

lundi 31 décembre 2012

Dessert, plat, entrée (2011)

"une idée de menu pour les fêtes..."



J'ai ouï dire dans un film hier
Que le mariage était un repas
Qui commençait par le dessert,
Je n'entends pas en faire un plat
De ce que j'ai découvert
Mais s'il faut remettre le couvert
Je ne ferais qu'une bouchée
De tous nos délices.
Barbouillé de crème fouettée
Tel sera mon supplice.

La formule ne sera plus entrée, plat, dessert,
Puisqu'il faut déguster le philtre à l'envers,
En entrée je prendrai donc un mille feuille
Comme le carnet de route du saint honoré
Que je suis quand je dévore la vie à tes côtés.

Lorsque je t'effleure ou que je t'effeuille
Ma vie n'est pas religieuse
Mais saupoudrée de chocolat
Et je remercie l'espoir
De m'avoir extrait de ma forêt noire.

Le menu commencera alors
Par un mets aussi croquant que gourmand
Avec des accents sensuels et sucrés
Puisse je ne pas avoir un poids sur l'estomac
Lorsqu'il faudra passer au plat.

Car oui, une fois les plaisirs consommés,
Notre flamme un brin consumée
On nous servira le plat du fond,
Le plat de résistance
Ce qu'on vivra sera plus profond
Et il en sera fini de notre innocence.
Je ne sais pas ce qui nous attend
Mais ce sera un beau morceau
Une pincée de cumin, un souffle de safran
Nos nerfs sur le grill, le moral au fourneau
Mais nos yeux tournés vers les cieux
On saura rendre ces instants savoureux.
Et c'est une fois les cheveux poivre et sel
Que l'on réalisera a quel point la chose fut belle.

Ce plat là nous en sommes à l'orée
Pour qu'il passe bien on saura l'arroser
De la pureté de nos âmes dévouées.

Après, la sortie aura des airs d'entrée,
Une sauce d'instants subtils et légers
On verra s'amoindrir nos envies
Puisque c'est en mangeant que vient l'appétit.

Ainsi prenons nous le menu dessert, plat, entrée
Avec un dessert qu'on est tout juste en train d'entamer,
On saura le savourer comme chaque instant, chaque entremet de la vie,
Car on est gourmand de plaisirs et d'envies.
Si la vie est un menu, l'existence une fable
On va la déguster et on est pas prêt de sortir de table.

#1044 - 31/12/2011